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Le soir, j'ai invité Oueddad, le chef des Amgarij, et plusieurs autres, dont celui qui m'a montré l'étonnant chemin couvert (à moitié effondré) menant de la porte du Ksar au puits utilisé pendant les sièges (Ph. 15.117).

Tasses de thé, évidemment... L'instituteur Dakhmada O. Bou Fatma sert d'interprète (excellent)

Je recueille la tradition sur la fondation d'Ouadane que me raconte Oueddad (+ de 50 ans). La voici :

[dates]

Avant la fondation d'Ouadane, il y a 830 ans environ, existaient trois villages : TEGHRBEYAT (mots azer = la cour inhabitée, à cause de l'aspect actuel du site où s'élève l'école) ou KAOLAN (nom du village) et TIFTELLE, qui est l'actuel LEQSER EL KHALI = le Ksar désert (arabe). En dehors, TIN LABBE, plutôt prononcé TOULABBE, TELABBE, TELABBA.

Les 3 villages se sont battus ; 3 pèlerins sont alors arrivés de la Mecque à Ouadane. Ils ont écrits 3 lettres qu'ils ont laissé 1 à l'emplacement d'Atar, 1 à Chinguetti et 1 à Ouadane, et les ont enterrées dans le sol pendant 1 an.

Ils sont allés à Atar pour chercher la 1e lettre : elle avait été emportée par l'eau ; à Chinguetti, elle était ensevelie sous le sable. Mais ils ont trouvé la lettre d'Ouadane, un peu déteriorée seulement par les termites (comme le bois du blockhaus français d'Ouadane).

Ce sont ces trois pèlerins qui ont donné le nom à la tribu des Id Ou Al Hadj. Ils n'étaient pas de la même famille :

le 1e était AL HADJ ALI, descendant de la puissante tribu des HAMIHARA. Il fut le chef. Neveu de Boubakar ben Omar d'après la tradition.

Le 2e, AL HADJ YAKOUB, des Koreïchites

Le 3e, AL HADJ OUSMANE, des Koreich ben Marzoum.

Ils ont trouvé que les 3 villages étaient affaiblis par la guerre. Ils se mirent à construire Ouadane avec les survivants de ces guerres, dont les descendants existent encore. Ne parlaient qu'azer, comme à Oualata et Tichitt.

La destruction de Tegherbeyat date des guerres qui ont précédé l'arrivée des 3 pélerins. [flèche] Lekser aussi.