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des mémoires d'outre tombe, "la lune pâle et élargie... etc." - Une sorte de couronne forme le ciel de lit d'où tombe à replis cascadant deux humbles rideaux de percaline blanche. C'est un lit d'anachorète et presque un lit d'enfant. Comme ameublement encore une grande armoire avec des panneaux ornés d'hexagones en epais relief et de menues colonnes torses, avec au milieu une table surmontée d'une vitrine où se voit le crucifix en fer qu'il avait entre les mains quand il mourut, un manuscrit relié du Congrès de Vérone, dédié à la Comtesse de Chateaubriand ainsi que d'autres menus objets. Mais le meuble qui me frappe surtout c'est contre la paroi du fond, un coffre, un veritable banc tossel, usé et fruste tout ensemble, avec son dessus mobile en forme de couvercle, avec de frustes charnières. Où a t-il pris ce coffre breton qui rappelle dans ce décor féodal quelque humble intérieur paysan de Basse Bretagne. C'est vraiment cette chambre qui m'a laissé l'impression définitive. Quant au dessin suspendu sous les rideaux et signé Mazerolle, qui a la prétention de représenter Chateaubriand sur son lit de mort, il est évidemment fait de chic. Ce n'est point là la tête de celui qui dort au Grand Bé, tel qu'il dût être au moment où il entrait dans la majesté définitive de la mort. M. Le Maignier