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en possède un autre qui me parait plus véridique où la bouche est entr'ouverte et semble exhaler exhaler encore l'âme échappée, où la figure est figée et profondément sculptée par le trépas. Je ne parle point du bas relief en terre cuite représentant une scène des Martyrs quand Eudore et Cymodocée sont auprès de la source (à vérifier la scène, Cymodocée prosternée reçoit l'eau de la source). - Mais ce que je veux retenir, en même temps que l'impression produite par cette chambre, c'est la vue que l'on a du chemin de ronde qui en fait le tour : entre les créneaux, la vue s'étend sur un admirable horizon boisé, qui dessine une courbe harmonieuse en forme de cirque, d’amphithéâtre de champs et de bois qui sont bleuissant dans les lointains grisâtres, tout embués par les brouillards de pluie qui flottent dans le ciel assombri. C'est une vue simple et forte, large et variée. L'étang est là, derrière les toits pointus de Combourg. Des grognements de cochons montent jusqu'à nous et le bruit de la foire, les voix paysannes, car il y a aujourd'hui foire à Combourg, et cela même est aussi d'un singulier contraste avec notre dévotion de pèlerins. Des nappes d'herbes flottantes, de lentilles dorment sur l'étang paisible que l'hirondelle effleurait et où planèrent si souvent les rêves orageux, gonflés de vastes désirs, du jeune René.