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la pente qui mène à l'oratoire connu sous le nom de Forn-Maudez, au sommet de l'île.

Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait s'appesantir le sac qu'il portait : bientôt le poids devint si lourd que ses jambes pliaient sous lui : il ne tarda pas à sentir ses forces s'épuiser :

— En vérité, dit-il, à la personne avec qui il avait parié et qui l'accompagnait, en vérité, je ne sais pas ce que j'ai, mais je ne peux plus avancer.

La peur le prit.

— Vous feriez mieux de jeter votre sac, lui dit son compagnon.

Il le jeta : et aussitôt que le sac qui contenait le crapaud eut touché la terre du saint, on entendit une explosion épouvantable : c'était l'animal immonde qui éclatait et crevait.

Depuis lors, cet homme n'a plus fait de pareilles gageures.

— Le meunier qui écoute, comme nous, cette histoire fait le sceptique, rit d'un rire narquois. Il est d'ailleurs guilleret et de figure fine, tout à fait le type de ces meuniers d'autrefois, réputés pour leur esprit satirique, qui chansonnaient leurs clients au bruit du tic-tac de leur moulin et en regardant l'eau écumer sous les vannes. - Nous revenons dans le soleil de midi vers Troguéry. Au sortir du bourg on passe devant Kergroaz, une belle maison paysanne avec un oratoire privé : c'est étonnant ce que ce terroir donne une impression de richesse et de paysannerie cossue. Ce fut jadis un centre de chouans. Les Cozannet comme les du Rumain étaient de cette région. Ils sont restés vaguement royalistes.