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Elle me parle de pardon ar Feunteun, à Pontrieux, le 3e dimanche de juillet. La patronne de Pontrieux est, paraît-il N.D. des Fontaines. Au catéchisme, le recteur de Troguéry l'aveuglait en lui cinglant le visage avec son mouchoir plein de tabac à priser. elle passait qq fois 3 semaines en pénitence, à genoux sur les dalles au pied de la chaire.

Contre le mur, au dessus du pétrin, une belle page d'écriture, toute salie, avec ces mots, en ronde : Hommage à mes parents. Sur le pétrin un vieille Vies des Saints - Elle la lit tous les soirs pour elle-même. Elle lit aussi la Vie des Quatre Fils Aymon. Sur la fenêtre, un fouillis de choses, à côté du St Yves, et, entre autres, une cêpe (eul louf douar, comme elle dit, une vesse de terre), toute séchée et ratatinée, dont elle se sert, dit-elle, pour mettre sur les coupures, les égratignures : il en sort une poussière, dit-elle, qui cautérise.

Pour guérir la C'hwézenn-noz (ma suée de nuit) elle dit d'abord l'acte de contrition, l'acte d'adoration, tt cela en breton, ensuite l'acte d'offrande, les sept actes des prières :

En hano Jezus a Nazareth...

Elle dit alors le nom du malade, fils ou fille de tel ou tel (on nomme les parents) époux ou épouse de... Puis 5 actes de foi, d'Espérance et de Charité ; puis cinq pater et cinq ave :

En memor deuz ar c'hwezen dour ha gwad euz a Jezus en jardin an Olivet