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qu'ils pouvaient tenir leurs yeux ouverts. On pêche tous, quand il y a du poisson. Parfois, quand on était descendu, éreinté, et qu'on allait s'étendre pour dormir, le capitaine entrait dans le poste et passait une éponge sur le visage des dormeurs, en leur criant :

- Réveille-toi ! il y a du poisson.

On jurait et on sacrait, mais on se levait tout de même.

Pour pêcher, on se tient debout le long de la liste ; sur la liste sont plantés des mecs, à un mètre environ de distance ; on ne pêche que d'un bord, du côté du vent, c'est à dire dans le poste le plus glacé, sans abri. Le mec est un support en bois, carré, fendu à son extrémité et planté dans la liste ; la ligne passe par la fente et c'est par là que "vous faites ce métier de scieur continuel" pendant six mois. Les lignes sont en filin de chanvre et elles ont soixante brasses (cent mètres). Chacun a trois lignes, et qqfois il les met bout à bout toutes les trois, lorsqu'il y a beaucoup d'eau et que le poisson est presque au fond. Chaque ligne porte à son extrémité (celle qui plonge dans l'eau) un plomb de 3 Kilogr. 500. Ce plomb est percé d'un trou que traverse une balancine d'environ deux pieds (66 centimètres) : à cha-