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prépare les morues, et si la glace survient on jette le tout en pagaille, à dégeler, dans la cale.

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Après cette préparation, vient le laveur qui a prés de lui une cuve, auprès du panneau par où on les jette dans la cale. Cette cuve est pleine d'eau de mer qu'on a soin de renouveler sans cesse. Il les lave et les jette dans la cale. Dans la cale se tient le saleur avec un aide qui lui lance les morues où il est en train de faire la pile : il couche les poissons à plat et les couvre d'une couche de sel de l'épaisseur du doigt. Les morues ainsi aménagées forment la morue verte. On la laisse en cet état jusqu'à l'arrivée en France.

– On arrive à Islande vers le milieu de mars. Il fait dur à cette époque dans la mer polaire. Il fait un froid terrible, une nuit infiniment longue qu'éclairent parfois uniquement des aurores boréales dont les rayons partent tout à coup dans l'espace, se croisent et se jouent de façon si étrange que les pêcheurs les appellent les "marionnettes". On voit les clartés monter, descendre, se mêler, et, comme on dit, travailler étrangement. Jour à jour on sent la nuit se raccourcir. Vers la Saint-Jean, on voit le soleil pendant trois semaines, un mois. Il s'abaisse jusqu'à mi-