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chercher le lichen jusque sur les côtes du Finistère (les côtes, d'ailleurs, visibles à l'ouest de l'île, les appellent et les sollicitent  : on voit jusqu'à l'île de Baz, et la côte paraît toute proche), à l'île de Batz, puis à l'île Sieck, enfin jusqu'à Plouescat. Les gens du Léon ne font pas cette récolte et les accueillent assez convenablement, leur offrent même à coucher dans leurs granges et leur proposent du fagot pour cuire leurs pommes de terre dans les grèves. Comme unique nourriture elles emportent, en effet, du pain et des pommes de terre ; avec une marmite pour les cuire et du fagot pour le feu : trois galets servent de trépied. Le plus souvent elles couchent dans la cale de la gabarre sur des serpillères qui adoucissent médiocrement le lit de cailloux qui servent de lest. Elles vont ainsi à l'entrée de la rivière de Morlaix.

La plupart de ces femmes ont également qques moutons qu'elles élèvent en une sorte de métayage, à deux et qu'on envoie paître à l'île Davad (île aux moutons) à Morvil, à Aval, et surtout à l'île Aganton, à l'île Losket (île brûlée) à Radénec, etc... On les y envoie au printemps et on les y laisse. Les moutons vont souvent paître dans les grèves un goëmon dont ils sont friands. C'est la cause de grandes pertes, surtout aux grandes marées de septembre. Les moutons se laissent surprendre par l'eau et sont noyés. Il y a chaque année de ces petites catastrophes.

Les femmes travaillent aussi la terre, ont des parcelles de patates qu'elles louent. Enfin, l'automne et l'hiver venu, elles vont jeter le filet