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une compagnie verte aux ruines de l'église. Celle-ci on l'a intelligemment débarrassée de son toit qui menaçait ruine. Les murs sont à nu, mais consolidés. J'interpelle un paysan bigouden sur le seuil de sa porte : « Par qui fut-il détruit, ce clocher ». Il me répond « Au temps de Robespierre ». C'est M. Ducrest de Villeneuve qui le lui a dit. Et ainsi se font les légendes. C'est cependant ici du vandalisme royal, au premier chef. Et il me prend une colère sourde à revivre l'époque où les ancêtres des frênes que voici pliaient sous le poids des pendus, au lendemain de la sinistre révolte du papier timbré. Quel démolisseur d'églises que ce Louis XIV. Comme il faisait semer du sel sur l'emplacement de Port-Royal, il découronnait cette église. Il savait bien où frapper les Bretons ! Il jetait bas leur clocher, condamnait l'église de paroisse au silence éternel. Et ainsi Pont-Labbé des Carmes est devenue paroisse. Pauvre vieille église victime, elle m'apparaît charmante et délicieusement mélancolique dans ce temps grisâtre, sous ce ciel ennuagé qui pleure doucement, doucement, sans même qu'on sente ses larmes.

Je suis rentré à Pont Labbé, j'ai passé le Pont, j'ai tourné par l'autre bout du moulin, où se tiennent, à l'abri des vents d'est et de nord les assises des « gouapeurs » de la ville. Ils sont là en groupe compact, les mains dans les poches de