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trop truqué et si les gens même qui organisent ces réunions n'en faisaient un peu eux-mêmes la critique amusante par le tour d'humour qu'ils se plaisent à y apporter. Rien de plus saisissant à cet égard que l'archidruide, avec son masque de pasteur comique, les grimaces de son visage glabre, ses yeux de malice, ses soudains éclats de voix, terminés soudain par un rictus bon enfant. Evidemment il disait des mots drôles, car tout le monde se mettait à rire. Et la cérémonie de la réception des nouveaux bardes m'a un peu rappelé le Malade imaginaire. En somme il est très difficile pour nous autres francais, c-à-d. étrangers, quoique Bretons et quoique Celtes, il est très difficile pour nous de démêler la part de sérieux et la part de plaisanterie que les Gallois apportent à cette cérémonie nationale. Par instants, on se demande si ce n'est pas pour blaguer l'antique druidisme qu'ils se livrent à cette espèce de charge. Les costumes prêtent encore à l'étonnement. On dirait des dominos de mascarade, de mauvais oripeaux de carnaval. il y a évidemment dans tout cela une grand part d'ironie. Et ce qui le marque surtout, c'est le ton de la conférence que fit hier, à la soirée de la remise du glaive, le professeur Herkomer (si je ne me trompe) : il expliquait à la foule chacun des détails du glaive et en faisait l'exégèse mystique, mais non sans se livrer à des plaisanteries que l'assemblée avait l'air de goûter par-dessus tout. Et l'Archidruide lui-même ne manqua point, en lui donnant la réplique, d'accentuer encore le ton de ce professeur glabre au grand nez, avec des traits fins et une physionomie semi rigide, semi comique, mélange de puritanisme et d'humour.