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40 Arbres qui se mirent ds la rivière. - Je suis assis sur le sol, parmi la forêt lilliputienne des myrtiles. Terre moussue et toisonneuse, comme les gds rocs qui percent de toutes parts en contre-forts magnifiquement colorés. La petite route file, sinueuse, les contournant, couleur violet sombre. - En face une " butte " dénudée, où seuls survivent quelques pins, à la base ; plaies de pierre à son flanc, en haut ; traînées pourpres des ajoncs qui sèchent, coupés, en jonchées.

La fontaine, dans un pré imbibé d'eau et fleuri de qques bouquets d'ajoncs, au haut d'un ravin enveloppé par les grandes pinières sombres qui couvrent les hauteurs. Edicule monumental, assez récent. La sainte est représentée couronne en tête, toute vêtue de blanc, avec une espèce de corselet blanc formant cuirasse : elle tient dans sa main gauche la palme verte du martyre et dans sa droite la main du petit Trémeur debout à côté d'elle. A côté de la fontaine, à gauche, est un tronc en bois, à antique armature de fer, scellé dans un rocher, ou mieux enraciné dans la pierre même. Le sentier que nous avons suivi, au flanc du mont, complètement enveloppé par l'épaisse et verte végétation forestière.

Castel-Finans. Ns ns y rendons à travers la haute pinière mêlée d'autres essences, qui couronne ce promontoire tragique où l'on sent que la légende doit être aussi vraie que si elle était de l'histoire authentique. L'esprit de l'aventure de Tréphine flotte encore sur ce haut-lieu. Tout l'y raconte avec une irrésistible évidence. On arrive : on est convaincu. Et qu'importe que la chapelle au sommet soit neuve, dressée peut-être seulement quand la Borderie eut situé Comorre à Castel-Finans !