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56 10 heures. Une matinée splendide, avec suffisamment de vent pour la rafraîchir. Nous sommes à Quinipily. - On prend, au sortir de Baud, la route qui mène à la gare ; puis, au bas de la côte, un petit chemin, planté de beaux hêtres, s'amorce à la grand'route, descendant ds un délicieux vallon secret, avec un moulin à vent à droite, un étang fleuri de nénuphars au fond. La route suit la chaussée de cet étang, laquelle domine un vieux moulin à eau en contre-bas, l'ancien moulin banal de Quinipily. La route contourne, à partir de cet endroit, les murs qui ceignaient la demeure des comtes de Lannion. On arrive à une entrée monumentale dont les deux piliers subsistent encore, l'un deux à droite supportant une urne couronnée de flammes. On entre par là dans la cour en pente du manoir sans gd intérêt, aujourd'hui transformé en ferme. La Vénus est là, à droite du pignon de la ferme, dans un courtil entouré d'une haie d'aubépine et planté de jeunes et vieux pommiers, - très en pente. L'édicule est bâti à mi-côteau : derrière, se hausse la colline abrupte. A gauche, sur la hauteur, une ligne de huit hauts sapins semblent protéger la déesse : à droite une jeune pinière escalade le côteau escarpé. Le palier d'herbe où se dresse l'édicule est tout imbibé par l'eau qui s'échappe abondamment de la vasque : un petit lavoir aux pierres sans ordre est au pied de cette vasque, et elle se dresse au-dessus, présentant sa partie arrondie : elle est haute d'environ 1 mètre 50, taillée dans un seul énorme bloc de granit, et cela très finement. C'est dans cette cuve, ce bain, que l'on se plongeait, et l'on y pouvait prendre une vraie ablution