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67 à demi-féérique ou soumise au pouvoir des fées. Les enfants qui sortait de cette maison de Triono, comme ns y arrivions, avaient, en effet, l'air d'être, non des enfants, mais des petits Korrigans, des gnomes. Ils se terraient, d'ailleurs, sitôt que ns approchions. Le gamin, très farouche encore et silencieux, nous accompagna. A mes questions, il répondait par des phrases brèves, à voix basse. L'oignon est la culture principale de tout ce pays. On en voit partout des champs entiers, où, de place en place, parmi les jeunes semis verts, s'alignent des bouquets d'oignons sur le point de fleurir et ménagés pour porter graine. Partout, ds ces champs, des hommes et des femmes, sarclant à genoux et en silence, relevant un instant la tête pour ns regarder passer et se remettant aussi vite à leur besogne, les doigts ds la terre meuble, parmi les menues tîgelles verdoyantes. Le gosse m'apprit, par un vague marmonnement, qu'on allait vendre ces oignons à Lorient, à Pontivy, à Auray. Et vraiment tous ces sarcleurs et sarcleuses agenouillés, et grattant la terre, étaient bien en harmonie, avec ce pays intensément, effroyablement religieux, ce pays de