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68 prosternement, et d'envoûtements funèbres. " Je me sens ensorcelée, en proie à je ne sais qu'elles magies " me disait Mme Gostling, et c'était bien ma propre impression. Ns sommes arrivés au dolmen de Crucuno, au bout d'une maison, ds un groupe d'habitations, au milieu de la grande platitude morne : un chien a aboyé, près du dolmen, une borne - la borne administrative attestant que ces restes sont " propriété de l'Etat ", - si bien propriété de l'Etat que lorsque j'entre sous les lourdes dalles préhistoriques, je m'aperçois que les gens du hameau ont transformé la sépulture des vieux chefs d'autrefois en chiottes publiques. Des bouses de vaches s'y mêlent à des fientes humaines. Ns ns remettons en route vers l'allée couverte de Mané Groh. Un adolescent au nez rongé nous renseigne d'une voix sans timbre sur le sentier qu'il faut que ns suivions, entre des seigles et un champ d'oignons. Là-bas, dans la plaine basse, un étang dort, mélancolique, une sorte de mystérieux Cocyte dont l'eau miroite sinistrement, peu profonde, avec des traînées d'herbe qui brodent des arabesques