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69 verts à sa surface immobile. Le noir d'un bois de pins lui forme un fond funèbre. Dans une lande en forme de tertre qui vient mourir à ses bords se dresse l'étrange sépulture, en forme de tau, d'église d'autrefois, avec nef d'entrée et double transept : il y a en effet deux chapelles funéraires qui se font face de chaque côté : entre elles, au milieu, se célébrait sans doute le culte des morts, enterrés là. Quels furent-ils ? Et combien de gouttes de leur sang inconnu fermentent-elles encore ds mes veines de Breton d'aujourd'hui ! - Croyez-vous que les parages ont été boisés ? me demande Mme Gostling. Non : je ne me figure pas des bois ici : seuls les ajoncs me paraissent en conformité avec l'âme de ces monuments. Ils respirent un art grossier, mais un art, ces tombeaux, ou mieux ces nécropoles. Comme ns en revenons, dans la pluie d'orage qui fait sonner ses larges gouttes. Je me plais à me représenter ce pays comme le lien sacré des gdes sépultures pour toute l'Armorique : je vois les brûleurs du reste de la péninsule y amenant en chariot leurs gds morts, ceux à qui ils voulaient assurer les honneurs de ce panthéon préhistorique.