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79 jusqu'au haut tumulus qui domine l'île et est visible de partout. L'entrée, où l'on descend par quelques marches et que clôt une lourde porte ferrée, est tournée vers le clocher de Séné que l'on aperçoit par delà la série des îles sur la côte lointaine tout au fond du golfe. Je monte sur le sommet du galgal ; pierres entassées sur tout le pourtour, avec une dépression au centre, où sont en fleurs de grosses touffes de genêts, parmi les éboulis de pierres. En face de moi (je tourne le dos à Port-Navalo et à l'issue du Golfe) est l'île de Berder, avec sa maison à tour, aux airs de forteresse. A ma droite sont d'autres îles, et, sur la côte toute proche, très verdoyante de moissons, le clocher d'Arzon avec sa tour et sa flèche en pointe. - La femme qui garde l'île n'est ici que depuis l'automne dernier. Elle vient, avec son mari et ses 5 enfants, de Grandchamp. Le dimanche, elle va à la messe de Larmor-Baden qui est la paroisse dont dépend Gavr'Innis. L'hiver, me dit-elle, est très dur ici, à cause du vent. - Sa gde distraction, c'est de voir passer les barques. Derrière moi, sur la butte du tumulus, dans un bouquet de genêts, s'érige la première digitale en fleurs que j'aie vu de cette année. - Musique du courant, entre Gavr'Innis et l'île de la Jument (er Gazec) qui lui fait face au N. E. avec une maison aussi, mais inhabitée, hormis l'été. - La coiffe de la gardienne, de velours noir, pour tous les jours : le dimanche seulement on met la coiffe blanche. - Elle me dit que ses enfants (elle en a cinq) ne sont jamais plus heureux que lorsqu'elle leur permet d'aller jouer dans le tumulus, - la grotte comme elle dit. Et quand je lui demande si elle n'a jamais vu en sortir de Korrigan : - Oh ! fait-elle, j'ai mes cinq Korrigans qui y passent souvent toute la journée.