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84 ici qui n'ait été trouvé par moi. Il a le sentiment que cette terre pleine de morts est proprement son domaine, que lui seul a droit d'y porter la main, que tout autre est sacrilège qui se permet pareille audace. Il s'est fait - s'il ne l'a toujours eue - une âme païenne, une âme contemporaine des morts avec lesquels il vit et qui lui sont devenus présents et parents, à force de cohabiter avec leurs mânes. Pour un peu il vous rédigerait de mémoire l'état-civil de chacun de ces chefs millénaires sur lesquels on ne sait rien. Il est de leur race, de leur famille, et il ne veut pas, lui Le Rouzic, admettre qu'il puisse être d'une autre souche qu'eux, d'une souche adultère, d'un rameau humain venu d'ailleurs et enté sur le trône primitif. C'est ainsi que l'histoire de l'émigration bretonne le choque, le scandalise visiblement. - M. Loth, me dit-il, veut que les Bretons aient trouvé une Armorique presque déserte d'habitants. Cela n'est pas possible. Il y avait des Gaulois ici, et qui n'avaient pas cessé d'être Gaulois, qui continuaient à parler le celtique, en sorte que lorsque les Bretons émigrèrent, ce fut pour eux une sorte de retour ds la patrie, parmi les frères