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85 en tout cas. Et il ajoute, avec une tristesse indignée. M. Loth ne m'a répondu que par un sourire méprisant. Il s'imagine qu'il n'y a de savant que lui. Il est bon linguiste peut-être, mais il n'entend rien au préhistorique. Il gâche les tombes qu'il fouille. Il lui en avais indiqué qques-unes. Il n'a pas su s'y prendre pour les explorer. Et, manifestement, il sous-entend : - Il n'a pas reçu l'initiation, car il y en a une ; j'en sais qque chose, moi, dont c'est le métier et le sacerdoce. Il n'est pas de la race des Bretons émigrés en tout cas ; il ne veut pas en être, de ces nouveaux venus qui ne firent leur apparition sur ce sol qu'au Ve et au VIe siècle. Il est de la race des autochthones, de ceux qui ont fait cette terre de leurs cendres et créé au dessus d'eux, dans ce grand paysage de Carnac, cette atmosphère funèbre. Il vit 3000 ans avant Jésus Christ. Il est préhistorique lui-même. Et il semble que les Préhistoriques le reconnaissent pour un des leurs, pour leur continuateur attitré, le gardien de leurs tombeaux et de leur esprit. Il redresse les menhirs qui sont tombés. Devant l'un d'eux, couché sur le sol, il me dit en passant : - Un coup de levier, et il sera remis en place. J'y veillerai.