Fermer
Transcrire
Transcription terminée

102 Le Val Sans Retour. - Les rochers gris noir comme éclaboussés de sang. - Les carrières ouvertes dans le flanc de la colline d'en face. - la Fontaine de Jouvence est sur le bord d'un vieux chemin de montagne, défoncé, où le roc pourpre perce de toutes parts. Des sentiers y arrivent à travers toute la lande. - Chant stupide de paysans en goguette dominicale, ou de conscrits gallos un lendemain de Conseil de Révision. - A part cela, un grand silence ; la mélopée des pins, tantôt déferlant en sons d'orgues, tantôt s'atténuant jusqu'à n'être plus qu'un soupir à peine perceptible. Des bouquets d'ajonc entre les roches. Une espèce de pavé grossier où l'eau croupit parmi les herbes avec une variété particulière de menues fleurettes blanches, aquatiques. - La terre de la lande en léger surplomb sur la source noirâtre où des mousses apparaissent. Deux pierres rouges comme seuil et margelle. Le silence de l'eau qui filtre. J'ai descendu le sentier parallèle à la vieille route. Le saule du lavoir inférieur fleuri de " bichichis ". La source est à mi-pente. Gélard me dit, en voiture : - Les choses auxquelles s'attache une si longue légende sont impressionnantes comme un drame. Couché cette nuit à l'Hôtel Nicolas où j'ai bien dormi, tout en faisant des séries compliquées de rêves étranges où je me retrouvais avec Bernard Monod et, subitement, avec l'ombre du Président de Robien, - redevenue vivante, sans doute à cause de Carnac. Ce matin, lundi 3 juin, je suis descendu vers les huit heures et suis allé me promener dans le vallon qui est en contre-bas de l'étang