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104 Au moment d'y arriver, sur la droite, Armand Bigot, en train d'écorcer pour le compte de M. Lévêque des branches de chêne. Le coutelas de fer recourbé pour ouvrir l'écorce ; quand elle ne veut pas céder, il l'enlève à coups de faucille ; mais le plus souvent, il introduit entre le bois et l'écorce, tout le long de la fente, une espèce de coin en os ! - taillé dans un tibia de cheval et aiguisé comme un ciseau à froid, à qui l'usage a donné la polissure d'une ivoire ancien. Instrument tout à fait préhistorique. Les branches écorcées étalent en tas leurs chairs nues et les écorces traînent déjà couleur de tan, en dessous, comme des peaux de gds serpents vidés. Je trouve parmi les branches inutilisées une branche si droite, si lisse, avec des anneaux argentés si gracieux que je la prends pour du bouleau : Bigot m'apprend que c'est du "faux-chêne". Cela pousse droit, - au contraire du chêne véritable mais ne devient jamais gros : une sorte de chêne bâtard, mais affiné... Le Pas du Houx, la grande clairière plane, légèrement creusée, où dort l'étang dont les eaux, comme à Paimpont, sont basses, mais n'ont pas la teinte jaunâtre. L'étang a de véritables golfes qu'il pousse vert le fond de la perspective, à gauche et à droite ; une espèce de presqu'île, de banc de sable herbeux, très-bas, émerge en poignard, vers le milieu. Une chaussée d'un kilomètres le longe, plantée, du côté de la forêt, d'une rangée de hauts sapins sombres (couleur fraîche des pousses neuves), qui ont l'air d'être là