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105 comme une garde et derrière lesquels la fûtaie érige ses profondeurs vert-clair. Rien que le bruit du vent et le chant des oiseaux. Un coucou, au loin, très loin, voix à peine perceptible. - J'écris sur la margelle en pierre d'une vanne ; en face de moi, un des poteaux indicateurs de la forêt, peint en gris, avec ses trois potences en haut, montrant dans le sens de la chaussée, d'un côté, à ma gauche : La Croix Jalu ; à ma droite : le Métairie Neuve ; devant moi, le route, qui s'en va, en nef d'église, vers Les Forges et par où nous gagnerons La Gelée. Causé avec le vieux garde du Pas du Houx dont la petite ferme est à l'autre bout de la chaussée. Il m'apprend que mon bâton (du bois appelé cochêne par les gens du pays) est en réalité du sorbier. L'étang est qqfois si plein que l'eau passe par-dessus la chaussée. Petite maison sur pilotis, sur la berge que l'étang laisse à sec, est une habitation de chasse au canard pour M. de la Croix-Jalu, hauts troncs de pins magnifiques, d'une belle poussée droite, aux tons riches d'orangé et de pourpre. Vraie avenue gothique avec toujours les arrière-fonds verts. En revenant, ns ns arrêtons sur la chaussée. Les vaches du garde paissent sur le gazon, avec des clochettes au cou, tintant à chacun de leurs mouvements, et cette sonnerie éparse est charmante à entendre ds le silence de ce paysage solitaire. - Le garde, M. Cochet, repasse : il va surveiller des gens qui coupent de la litière ds le bois. Comme la paille est rare, on autorise ainsi qques privilégiés à faire des moissons de fougères et de branches. Ns revenons par la Gelée.