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108 rivière courante qui s'étale sur un joli sable en y faisant miroiter ses écailles claires et fuyantes sur un fondu de pierrettes rosâtres. Force nous est d'escalader le rempart en nous accrochant aux branches qui foisonnent : la descente de l'autre côté, parmi les pierres ruineuses est encore moins facile. Un homme ns regarde dans l'étroite prairie ombreuse d'en face : c'est M. Nicolas, le patron, qui est venu au devant de nous à pied, du village morbihannais de Tréhorenteuc, où il a laissé sa voiture. Il ns aide à dégringoler l'énorme talus. A cet endroit du val s'ouvre un ravin annexe, très boisé aussi. Nous reprenons le chemin, le contournant, là où l'eau le réoccupe. En face de nous à travers les troncs des jeunes pousses, se dresse la montagne, comme un mur de granit gris ou rose. Elle semble toute fraîche encore du glissement des glaciers primitifs : ses assises obliques sont admirablement nettes. Du lichen touffu les revêt. Et ce côté du val a vraiment une sauvagerie grandiose. C'est ici assurément le plus bel aspect de nature inviolée que j'aie jamais contemplé en Bretagne. Cependant la rivière commence a s'étaler en étang : elle devient une sorte de petit lac mélancolique. C'est ici sa fin. Le lac défend son entrée, comme une douve.