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2°) Cap Manuel -Les pentes occidentales du collet du Cap Manuel, promontoire basaltique qui marque l'extrémité méridionale de la presqu'île du Cap Vert, ont fourni en assez grande quantité, entre la station de T.S.F. et les écuries du Cercle Hippique, une industrie fruste de silex caractérisée par la présence de pièces à dimensions plus grandes que la moyenne, taillées dans des nodules de silex de couleur (grise ou brune surtout), provenant probablement des tufs volcaniques.

L'intérêt de ce gisement provient du fait que le matériel paléolithique, bien qu'il se retrouve en surface, est contenu dans les tufs recouverts partiellement par la latérite et n'apparait qu'aux endroits où la carapace latéritique a disparu par le ravinement. Cela se remarque surtout dans le léger vallonnement situé en contrebas de l'Avenue Pasteur prolongée, dans l'angle formée par cette route goudronnée et le chemin qui mène aux écuries du Cercle Hippique, où le pied de la carapace latéritique est jonché de silex, alors qu'il ne s'en retrouve aucun en amont, sur la latérite, qui fournit exclusivement le matériel toumbien, comme on le verra plus loin.

Ces pentes ont fourni 150 silex, dont 92 portent des retouches. L'on compte : 1 biface trièdre caréné de 100x65x40, rappelant le faciès chalossien. Cette pièce de silex brun, très patinée, porte des traces de latérisation. (Fig. ) ; 10 coins triangulaires, de 80x48x25 en moyenne, formant un angle de 60° environ (Pl. 2, N°7) ; 4 perçoirs frustes sur grosses pièces (Pl. 2, N°30) ; une quarantaine de grattoirs-racloirs et pièces à encoches, de dimensions et de formes très diverses, parfois sur très grosses matrices (en particulier un grattoir sur silex rose de 250x110x45). Nombre de ces pièces sont taillées dans des feuilles de silex d'épaisseur régulière -20mm en général, le cortex étant laissé en place sur les deux plans horizontaux.

L'âge de ces silex, par rapport aux industries paléolithiques de Fann, n'est pas encore déterminé. Mais par contre, leur situation sous la latérite leur assigne un âge bien plus reculé que les industries moustériennes des environs de Rufisque. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que DE CHETELAT, dans son "Modelé latéritique de la Guinée de l'ouest", ait noté, dans cette région qui est le domaine du toumbien, l'absence d'industrie humaine dans les formations latéritiques.

A revoir